vendredi 17 juin 2022

Première dédicace de l'année à Niederbronn-les-Bains

 Pour ma première dédicace de l'année, je vous propose de nous retrouver dimanche prochain 26 juin, à 15h, au salon Livres en Fête de Niederbronn-les-Bains (67) :

 


 

Nous nous retrouverons emplacement 8 où j'aurais le plaisir de vous présenter mes publications :

 

 


 

La saison des salons est largement avancée et je dois dire qu'il est toujours compliquée, pour cette première année post-covid où les évènements se relancent, d'identifier les salons/rencontres/évènements autour du livre dans ma région. Bien entendu, je ne parle pas ici des évènements ayant pignon sur rue : trouver les dates des Imaginales ou des salons geeks reste assez simple. S'y inscrire nécessite toutefois l'engagement d'un pécule plus ou moins important qui impacte forcément les finances. Non, je parle ici plutôt des salons littéraires régionaux et locaux qui pullulent un peu partout, mais que l'on découvre finalement quelques jours avant qu'ils se déroulent - lorsque la communication est lancée.

Bref, je suis très content de participer à cet évènement et suis impatient de vous y retrouver !



vendredi 11 février 2022

[Vendredi Inspi] Les animés adaptant Yoshiki Tanaka

Yoshiki Tanaka n'est pas le plus populaire des auteurs japonais. On ne peut pas dire que l'auteur de Science-Fiction nippon de 68 ans soit identifié en France : publié à seulement trois reprises dans l'hexagone, dont deux fois au rayon jeunesse, il l'a été surtout pour ses œuvres Fantasy. Pourtant, c'est aussi du conteur de récits de space opera dont nous allons parler dans cet article.


Nota : Tanaka étant très peu traduit en France, et le japonais n'étant pas forcément ma tasse de thé, je m’appuierai ici pour le volet scénaristique sur les animés tirés de ses écrits, principalement Legend of Galactic Heroes et Tytania que j'évoquerai longuement. Il est à noter que la première œuvre citée a été traduite en anglais pour les US et que la traduction est disponible sur Amazon. On retrouve du reste de nombreuses similitudes dans la construction des récits avec Arslan, seul roman arrivé jusqu'à nous, que j'évoquerai en fin d'article.

Pour présenter un peu les choses, voilà les synopsis des trois œuvres principales de Tanaka :
 
 

 

Legend of Galactic Heroes (Ginga Eiyū Densetsu - LOGH) :

Au sein d'un Empire Galactique bâti sur le modèle prussien, Reinhard von Lohengramm est l'étoile montante de l'état major. Il se lance dans une campagne contre l'Alliance des Planètes Libres et affronte, par hasard, le jeune commandant Yang Wen-li. Les deux champions vont se faire face alors qu'au sein de chaque camp, de grands changements vont les entrainer dans des situations difficiles, face à des choix impossible. Qui finira par dominer les étoiles ?





Tytania :

Dans un futur où l'humanité a conquis les étoiles, l'empire de Valdania est sous la coupe de la famille Tytania. Elle missionne une flotte pour attaquer la planète-état d'Euriya afin d'étendre sa domination politique et économique. Euriya résiste à la surprise générale et finit par l'emporter, notamment grâce à la victoire du pilote Fan Hyulick. Une guerre civile commence alors, où les membres de la famille et la rébellion vont s'entredéchirer.
 





The Heroic Legend of Arslân (Arslan Senki) :

Le royaume de Parse est attaqué par Lusitania. Le roi, Andragoras III, se porte aux devants de l'envahisseur à la tête de ses troupes, accompagné de son fils Arslan. Mais la bataille tourne au drame en raison d'une trahison. Andragoras est fait prisonnier. Arslan, contraint à battre en retraite, va tenter d'organiser la lutte contre l'envahisseur avec Daryun, son fidèle garde du corps, et Narsus, son conseiller politique.


Les références de Tanaka sont des références historiques. De ce point de vue, il ne peut que me parler : quand il présente ses personnages principaux, il en fait des Alexandre le Grand, des génies de leur temps appelés à régner, et dont le destin va les pousser dans leurs retranchements. Ce parallèle est flagrant avec Reinhard von Lohengramm, le personnage principal de Legend of Galactic Heroes (LOGH). Lohengramm est jeune quand il prend le pouvoir et ce sont ses succès militaires et politiques qui bâtiront sa légende. Il est entouré de ses Diadioques, en quelque sorte : un groupe de jeunes généraux qui vont l'aider à asseoir sa puissance nouvelle. 
Tout, dans l’œuvre de l'auteur, rappelle ces parallèles historiques qui ne sont pas seulement asiatiques, mais pour beaucoup occidentaux. L'auteur lui-même affirme écrire à partir de l'histoire : "je pars de faits historique et j'imagine que quelqu'un prend d'autres décisions, puis j'extrapole à partir de là."
Cette façon de faire me parle beaucoup, car il ne renie pas ce qui fait la spécificité de sa culture, mais réussit à embrasser des références universelles qui se mélangent, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. L'exemple même de la fin de LOGH le montre : Lohengramm sera seul pour régner et règnera longtemps, se montrant un souverain exemplaire qui aura payé cher son accession au trône. Pour plus d'informations sur l'apport historique à son œuvre, je vous invite à lire ce post Reddit (en anglais) très complet, ou cet article qui illustre les débats et les idées qui portent l’œuvre.
 




 
 
L'autre grand axe est sa façon de scénariser des personnages qui ont un réel sens du gouvernement, du pouvoir, de son exercice. De ce point de vue, les héros de Tanaka sont positifs, et renvoie à l'image du peuple japonais à l'égard de leurs empereurs : l'auteur croit profondément à l’existence d’un roi juste, d’un bon gouvernement, de gens suffisamment désintéressés et compétents pour un exercice avisé de l’État. Ce positivisme est assez rare pour être signalé et s'oppose à une vision plus sombre, plus réaliste quelque part, qui domine actuellement dans les paysages SFFF. 
Si j'aime bien lire des ambiances Dark, j'ai toujours apprécié la possibilité d'une sortie plus positive, qui n'est pas forcément une utopie. Nous critiquons suffisamment nos gouvernements pour apprécier aussi de voir en action des personnes soucieuses du bien commun qui réussissent. Mais parfois, même ces hommes politiques/généraux talentueux se trompent ou prennent la mauvaise direction. C'est en partie ce que raconte Tytania : une famille noble domine un empire des étoiles et elle souhaite agrandir sa domination sur Euryia. C'est une erreur, car sa manœuvre va échouer et une rébellion va naître sur les traces d'un champion imprévu appelé Fan Hyulick. 
Fan, comme Yang Wenli dans LOGH, est un héros par accident. Il se trouve au mauvais endroit au bon moment et agit comme nul autre ne l'aurait fait. Là aussi, on retrouve derrière la candeur de ces personnages, qui ne se destinent à rien et sont hyper modestes, des figures positives. Ils sont ces anonymes qui sortent du rang pour se lever contre l'adversité. Le fait de montrer des camps où chacun a en partie raison donne une récit une réelle nuance.  
 
 

 

 
 
Troisième qualité : sa capacité à imbriquer des sous-intrigues avec des personnages secondaires, voir tertiaires, qui fonctionnent admirablement bien. Tous illustrent les valeurs que Tanaka aime mettre en avant : le poids de l’histoire, la démocratie, l’honneur et la liberté, de grandes valeurs qui font les excellents récits en quelque sorte. Ils donnent surtout un côté universel à ses récits, car nous les retrouvons facilement d'une culture à l'autre. En cela, Tanaka me fait beaucoup penser à Michael J. Straczynski (Babylon 5). Ces personnages sont aussi les premiers moteurs des twists, rebondissements, trahisons qui peuplent l’œuvre et donnent l'impression d'un univers et d'une vie plus grande, au delà du simple récit mené sous la plume de l'auteur. 
Cette accumulation de petites histoires est loin de ralentir le récit, à l'image d'un GRR Martin. Au contraire, elles le dynamisent, ce qui est un exemple assez brillant pour le pauvre scénariste que je suis d'une utilisation talentueuse et raisonnée de ce type d'outils.  
L'ensemble forme comme un rouleau compresseur, car les différents recoupements d'intrigues donnent de la force et du drame au scénario, principaux éléments de la tragédie. 
 
 

 

Il est amusant de constater que cette structure très forte n'est pas accompagné d'un style flamboyant. Dans ses ouvrages, comme Arslan, il reste très concis et factuel, privilégiant les phrases courtes pour mettre du rythme. Les chapitres s'enchainent rapidement et l'objectif est de maintenir un dynamisme constant. Comme pour les animés, le récit est enrichi de points de vue secondaires pour assurer l'immersion du lecteur. 

Qu'est-ce que j'en retiens ?


C'est d'abord la richesse qui m'a marqué chez Tanaka : les sous-intrigues, les personnages secondaires/tertiaires, les imbrications fines entre les uns et les autres. Pour susciter l'épique, au sens "récit prenant et marquant", je dois aussi chercher à éveiller les valeurs qui comptent pour moi, que j'ai envie de mettre en avant et qui sont pour moi les moteurs de bons récits. Mais ce n'est pas tout : je dois soigner mes twists et les amener avec soin, parfois de loin, même si je travaille sur des récits historiques. Ce n'est pas tant la connaissance historique qui importe, plutôt la façon d'y impliquer le lecteur. Je dois continuer dans cette voie pour améliorer mes récits !

mercredi 2 février 2022

8 souvenirs de ce que j'ai lu, vu ou entendu en 2021

Comme l'année passée, je vais vous parler des œuvres ou passages qui m'ont plu à travers des scènes, des moments particuliers découverts pendant cette année 2021, des pistes de musique parfois, plutôt que d'établir un simple top. Cette année, j'ai assez peu de souvenirs littéraires alors que je lis beaucoup (plus de 15 000 pages d'après mes statistiques Livr'addict). Signe que je n'ai pas eu la main très heureuse sur mes achats d'ouvrage...



 

From Matera with love (Mourir peut attendre, Cary Joji Fukunaga)

Dans le dernier James Bond, c'est le début qui vaut le coup : installé à Matera avec Madeleine pour faire suite à Spectre, James se balade dans cette zone paradisiaque avant d'être rattrapé par son passé. Tout y fonctionne avec délectation, de l'hommage à Casino Royale en passant par les clins d’œil coup de coude, les gadgets, les cascades, ou la musique. La poursuite en voiture est, par exemple, une excellente scène d'action. Dommage que le film n'atteigne plus, ensuite, ce niveau (à part peut-être la séquence à Cuba) avant de sombrer dans les affres du mélo longuet lors de son final.   

 


 

Bear leaves Synnax (Fondation, saison 1 de Bear McCreary) 

Pour cette série que personne ou presque ne peut voir, l'ami Bear McCreary a signé une partition puissante à défaut d'être très originale, qui reprend bien l'aspect grandiloquent que l'on peut rattacher à l'Empire sur le déclin made in Asimov. La piste Gaal leaves Synnax est portée par le croisement réussi entre le Duduk et l'Erhu, une vraie piste "narrative" comme je les aime, car l'on peut fermer les yeux et se laisser porter par la mélodie afin de se raconter ses propres histoires.


 

De la confession au sermon (Sermons de Minuit - Mike Flanagan)

La mini-série Netflix est excellente et j'en ai fait l'éloge par ailleurs. Influencée par Stephen King, elle offre de beaux moments, à l'image de la confession du père Paul (Hamish Linklater) lors de l'épisode 3. La facilité de l'inversion du propos (un prêtre qui se confesse au spectateur) est brisée par les révélations qu'il fait, ce que l'on apprend et comprend sur lui. Cette seule scène, entrecoupée de flashbacks, est indispensable pour mettre en perspective le début du show et ce qui adviendra ensuite. C'est une merveille d'écriture, en apparence posée mais très riche. Et Sermons de minuit compte beaucoup de passages comme celui-là !

 


 

La Maison Atréides (Dune, de Hans Zimmer)

Oui, oui, je sais, la BO de Dune n'a pas fait que des heureux. Zimmer s'est lancé dans le triturage électro, mais contrairement aux dernières fois, il s'en dégage de vrais bons moments et une ambiance particulière qui sert le film. Je suis tombé dans le piège de cette approche celtique de la Maison Atréides et j'aime cette longue piste, entre sa soliste inspirée et ses cornemuses bidouillées, qui couvrent certaines des meilleurs moments du film. Le thème est identifiable et puissant, la suite nous permet de réellement en profiter sans la frustration de l'album commercial, trop haché. Une belle réussite qui, je l'espère, aura des prolongements dans Dune 2...



Vers Arrakis (Dune, de Denis Villeneuve)

J'aurai pu citer tout le film de Denis Villeneuve, tant il m'a plu. Mais il fallait bien choisir un moment, une séquence. C'est sans doute la transition entre Caladan et Arrakis qui me reste en tête, de longs mois encore après avoir vu le film. Paul contemple une dernière fois son monde et plonge sa main dans l'eau, une denrée qui deviendra rare là où il va. La caméra remet en perspective ce plan simple quand on découvre les énormes vaisseaux Atréides en train de sortir des flots pour prendre leur envol. Le gigantisme opposé à la simplicité est clairement un leitmotiv de Villeneuve dans Dune. Il rejoue la même partition lors de l'arrivée sur Arrakis. Sa caméra est collée aux Atréides quand ils atterrissent et que la passerelle de leur vaisseau se baisse. Une cornemuse se met à jouer pour accompagner ce débarquement. Et là, le spectateur entend des dizaines d'autres cornemuses et découvre des centaines d'hommes et de vaisseaux au garde à vous face à la famille. Une vraie claque visuelle.



La symphonie de Lupin (Lupin, 2e partie, de Mathieu Lamboley)

Je vous ai déjà parlé ici de l'intérêt que j'avais trouvé à la série Lupin, malgré ses défauts. Une des qualités de la série Netflix est sa musique, signée Mathieu Lamboley. Le compositeur signe un thème accrocheur pour son personnage principal. Il va en jouer tout au long des épisodes, l'esquissant, le triturant, le jouant à contre-emploi avec un plaisir communicatif pour le spectateur. L'apothéose de ce jeu sera atteint dans le dernier épisode où un passage dans une salle de concert va pousse Lamboley à interpréter son thème avec un orchestre symphonique, avec une ambiance dramatique qui sied bien à la conclusion.



L'homme du Cercle (The Man from U.N.C.L.E, de Daniel Pemberton)

Il est des ritournelles qui séduisent immédiatement, ce Circular Story en fait partie. Daniel Pemberton joue de sa rythmique obsédante pour composer un morceau épique, où la guitare électrique peut croiser les cordes tout en jouant sa petite mélodie, encore et encore. 

Le reste de la musique de Pemberton est à l'avenant, entre hommage à James Bond ou à Horner, style rétro modernisé à coup de guitare électrique, avec de petites colorations ethniques. C'est à l'image de film, fourre-tout hommage de Guy Ritchie qui s'amuse bien (et qui nous amuse également).



Napoléon assiégé, Napoléon résistant (La nouvelle campagne de Russie de Fabien Cerutti)

J'ai donné longuement mon avis sur cette anthologie que j'ai apprécié. Parmi toutes les nouvelles, celle de Fabien Cerutti m'a emballé par son point d'uchronie : si la campagne de Russie avait tourné différemment ? Le texte a cela d'épique qu'en plus de mettre en scène des combats intenses, il alterne son point de vue avec l'aspect politique (autour de Lafayette) qui se révélera tout aussi déterminant que l'héroïsme des soldats.  

C'est d'autant plus surprenant que j'ai peu accroché à la série de romans de l'auteur, le Bâtard de Kosigan, donc on ne peut pas dire que j'attendais sa nouvelle avec impatience.

 

C'est tout pour 2021, on se retrouve dans un an !