Les Mondes Connus

mercredi 16 mai 2012

De bellum

Commençons cet article par un hommage à Salluste (86-35 av. J.C.), homme politique et historien romain, qui est un habitué des récits en de bellum. De bellum, courte expression latine qui évoque la guerre, nous renvoie sur les origines premières du Temps des Tyrans.



Quand j'ai commencé à travailler cet univers, je l'ai regardé d'abord par le prisme militaire. J'ai toujours nourri une passion pour les combats spatiaux, le space op' flamboyant, et en cela, je garde un souvenir particulièrement ému de deux scènes tirées de Star Wars : l'attaque de la première Etoile Noire par Luke Skywalker et les rebelles, et le piège dans lequel se jette la flotte rebelle en orbite d'Endor. La musique héroïque, le sacrifice total de ces hommes, l'esthétique tout en mouvement, il existe une dichotomie entre la gravité des évènements et l'aspect hyper-divertissant de ces séquences là. Les frissons provoqués par ces deux scènes m'ont toujours poussé à m'y intéresser de plus près dans mes écrits.


Concept de la bataille d'Endor par Ralph McQuarrie

Après avoir travaillé sur deux fanfictions dans cet univers, quand j'ai décidé de me lancer dans le TdT, la guerre spatiale devait être présente. J'ai lu beaucoup des récits militaristes SF, de Etoiles, Garde à vous ! de R. Heinlein au Vieil homme et la guerre de J. Scalzi. J'y ai vu ce que je voulais faire (la thématique de l'homme face à la guerre, les conflits galactiques etc...) et les évocations guerrières de cycle tels que Fondation d'Isaac Asimov m'ont montré aussi qu'il ne fallait pas tout raconter, pas tout évoquer, car ce n'était pas nécessaire pour griser le lecteur.
J'ai aussi vu ce que je ne voulais pas faire : Honor Harrington (David Weber) a bien des qualités, c'est une série à la lecture agréable et aux intrigues prenantes par leur rythme, mais je ne me retrouve pas dans la glorification continue des militaires et plus particulièrement d'un super-génie-qui-est-plus-brillant-que-les-autres.

Ces armes en main, j'ai donc écrit, écrit sur des militaires, écrit des combats de chasse, de vaisseaux lourds, ou de fantassins. Je me suis rattaché à l'esthétique et au rythme de séries récentes, plus particulièrement Battlestar Galactica pour cette dichotomie dont je parlais plus haut, mais aussi Legend of Galactic Heroes qui montre les hommes et les femmes cachés à l'intérieur de ces gigantesques vaisseaux.
Ainsi est né le premier jet du tome 1, mélange de ces influences et de ce que je voulais y mettre aussi : la vie à bord de vaisseaux assimilée chez moi à la vie à bord de sous-marins, le poids du devoir, le courage face aux évènements exceptionnels et l'action soutenue qui y est lié, mais aussi et surtout la nuance, la nuance, la nuance. Tout guerrier, même un héros, ne peut être unidimensionnel. Cette simplicité, j'ai de plus en plus de mal à l'accepter quand je la lis, je ne peux le reproduire à mon tour.

Et puis le tome 1 a reposé dans son coin, en attendant que l'univers s'affine, que mes personnages continuent à vivre (ou non). A sa ressortie des cartons, pour la fameuse relecture qui n'en finit plus de se prolonger, j'ai constaté que ce seul aspect ne suffisait plus à présenter l'univers, à en faire une base solide. La guerre n'est donc plus le seul axe du récit, mais l'un des multiples points de vue qui va crescendo dans ce premier volet, et plus encore dans les suivants.
Je retravaille ces passages en profondeur mais c'est sans doute l'héritage du premier jet qui aura, de loin, le moins changé. Depuis quelques années, mes goûts ont peut-être évolué mais je garde une passion pour ce domaine là.

D'abord parce que d'un point de vue récit, cela me permet d'alterner à toute vitesse les points de vue, de mettre du rythme, et de développer en situation une galerie fixe de personnages.
Ensuite, d'un point de vue technique, il faut atteindre une certaine simplicité dans le style afin de rendre cela peu lourd ou lent, ce qui ne veut pas dire non plus tomber dans le simplisme.
Enfin j'ai toujours attaché beaucoup d’intérêt à faire dans la référence, et ce secteur là est riche en possibilités.

On pourrait résumer ainsi mon approche de la guerre dans l'espace : du drame doit naître l'action dans un style simple et fluide, pour poser les personnages face à des responsabilités énormes qui vont pousser le lecteur à découvrir qui ils sont vraiment. A moi de concrétiser par écrit cette conception qui ne révolutionne pas le genre mais qui en fait un récit que j'aimerai lire.   

mercredi 18 avril 2012

Mots et Légendes 6 - Monsieur Jean des étoiles

Dans un article précédent, j'ai évoqué la sortie du nouveau Mots et Légendes, dont le thème est La Quête. Voici une présentation de Monsieur Jean des étoiles, mon texte de science-fiction publié dans ce numéro.

Titre : Monsieur Jean des étoiles

Genre(s) : Science-fiction, aventure, action, Histoire

Résumé : L'humanité a rejoint les étoiles à bord d'une flotte suite à un désastre nucléaire. Une équipe de secours composée de Jon (le pilote) et Van (le scientifique) arrive sur un vaisseau porté disparu. A bord, ils découvrent qu'un massacre a été perpétré et qu'un scientifique fou a crée une machine à remonter le temps pour ré-écrire le passé de l'humanité. Jon part à son tour dans le passé pour essayer d'empêcher cette modification. 


Anecdotes :
- La structure du récit est inspirée de la série TV Doctor Who et plus particulièrement à l'épisode 2*04 The Girl in the Fireplace. Dans cet épisode, le Docteur (David Tennant) croise à différents moments de sa vie la Marquise de Pompadour qu'il essaye de sauver d'une mystérieuse menace robotique. L'effet TARDIS est un autre clin d’œil à la série, le TARDIS étant le vaisseau du Docteur. 
- Les éléments sur la vie de Jean sont exacts dans leur globalité. Dans ses Mémoires, il évoque sa jeunesse dans la négociation du Cognac, et également l'épisode londonien de sa vie. Une lecture à conseiller.
- Keynsham existe vraiment, et appartient à la proche région de Bristol qui a été durement bombardée par les allemands au cours de la seconde guerre mondiale, notamment pour riposte après l'attaque de Lübeck le 28 mars 1942.
- Le docteur Charles Henri Moffat s'inspire du créateur de l'hélicoptère Supercopter/Airwolf, le professeur Moffett (David Hemmings), qui dans l'épisode Moffet's Ghost (saison 2, épisode 3) de la série éponyme présente sa création comme un don à l'humanité.
- Le vaisseau s'appelle le Chimère, en hommage au Chimaera, destroyer du grand amiral Thrawn dans Star Wars.
- Le culte à la Terre sous cette forme est un clin d’œil rapide à Legend of Galactic Heroes.
- La procédure Welles 1 est une référence à La Machine à explorer le temps de H.G. Wells.
- C'est la deuxième illustration que Didier Normand signe pour mes nouvelles après Les Vertes Prairies. Son style, et l'agencement à la Drew Struzan conviennent parfaitement à l'esprit action-aventure que je veux insuffler. 

La musique :

Je voulais proposer une musique de Doctor Who à l'origine, mais peut-être l'ambiance moins gaie de la nouvelle m'a dissuadé. Et puis j'ai pensé à cette piste, The song for the unification of Europe, de Zbigniew Preisner, qui évoque un thème de la nouvelle et colle au rythme de lecture.


lundi 16 avril 2012

Mots et Légendes 6 - Les premiers Rois

Dans l'article précédent, j'ai évoqué la sortie du nouveau Mots et Légendes, dont le thème est La Quête. Voici une présentation des Premiers Rois, ma nouvelle de fantasy publiée dans ce numéro.

Titre : Les Premiers Rois

Genre : Fantasy, Aventure

Résumé : Dans un monde imaginaire, trois moines s'attaquent à l'ascension d'un massif où serait caché la tombe des tous premiers rois. Ils sont les trois survivants d'une quête lancée par l'ordre des brunédictins, communauté dédiée à la culture qui cherche à étendre les connaissances de leur civilisation. Ensemble, ils vont découvrir les secrets et mystères que la tombe cache.

Anecdotes :
- Le récit est inspiré par une promenade, en 2010, dans le massif du Donon qui se trouve dans les Vosges. On y retrouve notamment les pierres à cupules et le temple, au sommet, sur un long plateau.

 Photo du temple au sommet du massif du Donon

- L'épisode de l'or fondu renvoi à la mort de Manius Aquilius Nepos, général romain qui, capturé par le roi du Pont Mithridate VI Eupator en 101 avant J.C., fut humilié avant d'être tué de la même façon. (Voir Appien, Mithridatique, 21)
- Le souffle du dragon est un classique de la Fantasy. Toutefois, j'ai en tête l'ouverture du film Excalibur qui résume bien ma vision de ce qui se passe.

La musique : Florent avait bien identifié l'ambiance médiévale religieuse du texte en proposant l'ouverture de Kingdom of Heaven, avec le morceau Burning the past d'Harry Gregson-Williams :

 

Vous pouvez retrouver Les Premiers Rois dans le numéro 6 du webzine Mots et Légendes.
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