dimanche 17 juin 2018

Lectures SFFF françaises #8

Fonction des lectures du moment, ce billet à publication irrégulière a pour but de synthétiser ce que j'ai aimé dans mes lectures SFFF française. Pour rappel, le précédent billet est par là.





La brigade des loups, l'intégrale de Lilian Peschet (Voy[el])
Un brigade le lycanthrope dans une Roumanie futuriste, voilà le programme alléchant de La brigade des loups. C'est un récit haletant, mené tambour battant, dont l'intrigue m'a rendu curieux jusqu'au bout grâce à son style très feuilletonesque, dans le découpage notamment.
Je regrette toutefois le manque de contextualisation, qui rend la première partie difficile à lire, et la conclusion que j'ai trouvé trop rapide vis-à-vis des personnages. Ça reste une lecture fort agréable et très rapide.  

Les chroniques de l'étrange, tome 1 : les 81 frères de Romain d'Huissier (Critic)
Je me suis facilement pris au jeu des 81 frères, car j'ai avalé pas mal de ciné HK il y a quelques années, je suis un client des genres abordés à travers le roman : polar, wu xian pian etc...
Je commence par le reproche que je ferai à ce premier tome, c'est sa linéarité. On va là, on décrit, on fait ça, ça mène vers ça etc... l'intrigue peine dans sa première partie à sortir de ce schéma tout fait. Mais d'un autre côté, ce "confort" narratif permet à l'auteur de bien poser son monde, et de donner vie à Hong Kong, ville au croisement des pratiques antiques et du modernisme. Du coup, la cité a une vraie place et Romain d'Huissier en traduit bien les différents aspects. Il rend le roman dépaysant et nous plonge dans une autre culture (ou son fantasme parfois), un gros plus.

Pour le reste, le récit est plein de personnages dont ce héros, J. Kwan, sorte de John McClane de l'exorcisme qui survit à tout avec talent. On rencontre ses amis, ses ennemis, et l'ensemble le rend attachant. C'est un maître combattant, du coup, Romain D'Huissier nous montre beaucoup de combats au cours de ce premier récit. Entre gunfights, combats à l'épée, duels magiques, il y a de tout et ce n'est jamais ennuyeux ou répétitif !
L'intrigue de ce premier tome se conclue en beauté, avec une grosse ouverture vers la suite que j'ai maintenant hâte de découvrir.

Praërie tome 1 : le monde des sinks de Jean-Luc Marcastel (Scrineo
Je suis très partagé sur cette entrée en matière. Ce premier tome présente un monde surprenant et étonnant, très étoffé et bien mis en valeur par la plume de l'auteur. En plus des développements du roman, de longues annexes développent l'univers, sa construction et ses bases. Cela montre combien le monde de Praërie est riche.
Mais je n'ai pas été convaincu d'un point de vue narration : l'argument science-fictif de départ ne m'a pas emporté et j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Une fois les enjeux posés, JL Marcastel met en place une mécanique répétitive (on rencontre une créature, c'est une menace, une plus grosse menace arrive, on s'en sort) qui m'a lassé. Je lirai toutefois le 2e tome pour prolonger la visite de l'univers, pas immédiatement toutefois car j'ai peur que la répétitivité se poursuive et me détourne de ma lecture.

Les Pirates de l'Escroc-Griffe T1 de Jean-Sébastien Guillermou (Bragelonne - Snark)
Voilà un bon roman pour démarrer, avec des personnages intéressants et des situations riches dans un univers bien construit. Déjà c'est énorme, car la construction ne pâtit jamais de la mise en place et j'ai accroché jusqu'au bout car l'auteur a beaucoup d'imagination. Le monde décrit, mélange d'influences diverses, m'a énormément plu.
Malheureusement, tout cela est un peu plombé par son rythme, trop soutenu, qui ne prend pas le temps de l'émotion. On a presque l'impression que l'auteur avait peur que le lecteur s'ennuie...C'est particulièrement frappant dans le dernier tiers, potentiellement très dramatique, mais qui n'embarque pas totalement le lecteur par manque de respiration. Dommage, car pour le reste, l'univers fonctionne bien et il y plein de promesses pour la suite ! 

samedi 12 mai 2018

Point de passage : Mai 2018

Depuis le début de l'année, je n'ai pas encore fait de point de passage, voilà donc ce qui se passe début 2018 sur ma planète écriture !

Ma planète d'écriture, ces temps-ci : bruyante et animée...

Publication

La grosse actualité est bien entendu la disponibilité de Entre la Louve et l'Olympe, depuis le 15 mars. Ça passe vite, déjà deux mois !

Une nouvelle a également trouvé preneuse au sommaire de la prochaine anthologie Mots et Légendes et j'attends encore une réponse pour une dernière soumission. Je ne prévois pas d'autres soumissions pour le moment, sauf peut-être pour l'AT cinéma des Artistes Fous Associés.

Écriture

Travail toujours en cours sur mon projet pirate qui ne s'appelle plus Sokol - plutôt les larrons de mers, ou quelque chose comme ça. J'ai vraiment du mal avec les titres... bref. J'ai atteint les 300 000 signes après une grosse période de flou - et d'absence de rédaction. Le rythme reprend lentement, mais il n'y a pas d'autre objectif que d'avancer.

EMaginarock

De ce côté là également, baisse sensible de la productivité puisque je n'ai publié que deux chroniques  début 2018 :



Principale raison : je ne regarde que peu de films ou séries SFFF ces temps-ci, ce qui limite forcément ma capacité à publier sur le site. Ça vient de redémarrer ces trois dernières semaines avec des fiches sur Excalibur, Stardust ou Flynn Carson et les nouveaux aventuriers saison 4.


vendredi 30 mars 2018

Alexandre le Grand et les aigles de Rome - Javier Negrete

 *Cet article porte sur la littérature SFFF et l'Antiquité, dans le prolongement du roman

Alexandre le Grand et les aigles de Rome est un roman de l'auteur espagnol Javier Negrete, édité par les éditions l'Atalante et disponible depuis peu en format poche. 





 Résumé :

Alexandre le Grand est mort à Babylone le 28 daisios au soir, c’est-à-dire le 10 juin de l’an 323 avant J.-C., à l’âge de trente-trois ans.

Alexandre le Grand ne meurt pas ce jour-là. Un mystérieux médecin qui se dit envoyé par l’oracle de Delphes le sauve d’une tentative d’empoisonnement.

Six ans plus tard, Alexandre a tourné son regard vers l’Occident. Sur le chemin de ses nouvelles conquêtes se dresse alors la république de Rome, tout autant que lui convaincue de la grandeur de son destin. Qui des phalanges macédoniennes et des légions romaines aura la suprématie ?

Nous plongeons donc dans l'uchronie ici avec un point de divergence très excitant pour tout amateur de l'Antiquité : et si Alexandre avait survécu ? L'angle choisi par Negrete est de confronter la puissance bien établie de cette période (l'empire d'Alexandre sous une forme consolidée) et la force émergente du moment (Rome donc). C'est sans doute le biais le plus excitant de l'uchronie, à savoir proposer un conflit impossible, mais diablement grisant.

Pourquoi est-ce si emballant ? Car l'ont fait face à deux monuments de leur temps, aux stratégies diamétralement opposées, mais au but commun. Quand l'auteur réussit en plus à rendre très crédible historiquement l'uchronie proposée, on ne peut que se réjouir.

On va donc suivre alternativement différents points de vue construits autour de Nestor, le personnage principal, un mystérieux médecin  qui a sauvé la vie d'Alexandre à Babylone. Du fantassin grec à Perdiccas, chef des Compagnons, de la famille Julii à Alexandre lui-même, il va participer à l’entremêlement des fils de leurs destins.

Pour le contenu historique, le trop est parfois l'ennemi du bien, mais quel plaisir de rencontrer une plume érudite sur l'histoire de l'Antiquité. Javier Negrete aborde l'astronomie antique, la philosophie, la guerre ou la littérature avec luxe de détails. Si ce point peut faire peur au néophyte, il est mené de main de maître.
Plus amusant, l'auteur espagnol a manifestement vu le film Alexandre d'Oliver Stone et y glisse quelques clins d’œil.

D'un point de vue narratif, le roman tient toutes ses promesses et le combat promis, qui s'étale sur environ 80 pages, est le gros morceau du dernier tiers. De ce point de vue, le lecteur n'est pas floué. Mon seul regret est qu'il est évident que ce n'est qu'un premier tome d'un cycle plus grand, dont nous n'aurons jamais la suite. Aussi, si le duel est tranché à la fin de l'ouvrage, les arcs de certains personnages restent en suspens une fois la dernière page tournée, ce qui est assez frustrant.

Une lecture à conseiller pour l'uchronie qu'elle propose, mais attention à la déception sur l'absence de conclusion quant au devenir de plusieurs héros.